
Le 24 septembre 2020, lors de l’audience publique du BAPE sur le projet d’usine de liquéfaction de GNL au Saguenay, je pose la question, à savoir si « l’électricité requise pour cette usine, soit l’équivalent de 5 térawatts/heure, ne pourrait pas être mieux utilisée pour réduire les GES dans le cadre des objectifs de réduction du Québec. »[1]
Réponse de M. Sergio Cassanaz du MELCC : « Concernant l’utilisation de l’hydroélectricité, pour produire un GNL, je pense que le ministère considère que ça va être conforme à la Stratégie du Québec d’utiliser le plus possible l’hydroélectricité pour réduire nos émissions de GES ». Plus loin il dira : « Et ce n’est pas, à mon avis, ce n’est pas O.K. pour faire une aluminerie de plus ou bien une usine de GNL de moins. »[2]
Ce 29 février 2024, le superministre Fitzgibbon, Ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie et Ministre responsable du Développement économique régional, déclare : « Je dois admettre que nous n’avons pas assez d’électricité pour tous les projets qu’on considère au gouvernement valable pour des fins environnementales pour décarboner ou des fins économiques »[3].
C’est donc une bonne décision qu’a pris le Gouvernement du Québec de ne pas autoriser cette usine de liquéfaction qui aurait gaspillé l’équivalent de ce qui est requis pour alimenter une aluminerie, dans le but de « blanchir » une énergie sale, qui plus est un méthane albertain destiné à l’exportation, avec de l’énergie propre comme l’hydroélectricité, laquelle se fait manquante aujourd’hui.
Concernant les objectifs de réduction des GES du Québec, soit 37,5% d’ici 2030, leur atteinte ne semble pas facile, c’est le moins que l’on puisse dire, de l’avis même du Ministre Charrette du MELCC[4].
Aussi bien utiliser judicieusement l’énergie propre disponible pour faire la transition écologique, et non pas seulement la transition énergétique, comme se plaisent à répéter les ministres du gouvernement caquiste, à l’instar des porte-paroles des chambres de commerce.
La différence entre les deux n’est pas que sémantique. Dans un cas l’on cherche, par exemple, à remplacer les voitures individuelles à essence par des voitures électriques, favorisant la poursuite de l’étalement urbain, alors que dans l’autre, l’on favorise l’électrification des déplacements, collectifs surtout, tout en revoyant nos stratégies et habitudes de consommation et d’aménagement urbain (ex. densification), en respect des limites des ressources de la planète.
Si nous avons raisons de questionner le gouvernement Legault pour avoir ajusté la règlementation environnementale aux besoins de Northvolt, et pour manquer de transparence, il y a lieu de s’interroger également sur la stratégie énergivore dans laquelle s’inscrit l’implantation de cette usine.
Il est particulièrement inquiétant que des solutions de transport en commun, comme le proposent les villes de Québec et Montréal, soient mises sur la glace par le présent gouvernement, en même temps qu’il relance, sous le couvert d’un sondage, son projet de troisième lien entre Québec et Lévis, pour des motifs purement électoralistes.
[1] BAPE Transcriptions de la séance du 24 septembre 2020 à 13h.
[2] Idem
[3] https://www.tvanouvelles.ca/2023/08/17/le-ministre-pierre-fitzgibbon-avoue-que-le-quebec-na-pas-assez-delectricite-pour-tous-ses-projets-industriels#:~:text=«Je%20dois%20admettre%20que%20nous,pénurie%20d%27énergie%20au%20Québec
[4] https://lactualite.com/actualites/bilan-ges-quebec-progresse-dans-la-bonne-direction-dit-charette/#:~:text=QUÉBEC%20—%20Les%20indicateurs%20montrent%20que,Environnement%2C%20Benoit%20Charette%2C%20mercredi